Blues Anarseillais

mercredi 27 février 2008

Baumettes'rag



J’me lève un beau matin du soleil plein les yeux
Un reste de vieux câlin parfume encor’ mon pieu
J’enfile mes jeans mes bottes au moment des infos
J’écoute tout c’ qu’ils radotent mon café l’est trop chaud
En Afrique des gosses crèvent… encore la famine…
A Toulouse AZF… fait péter son usine

Au volant de ma bagnole j’m’en va droit sur la plage
J’assure j’fais pas le mariole vu qu’ y’ a tout plein de barrages
J’écoute l’auto radio un pied par la portière
J’entends quelques idiots qui auraient mieux fait de se taire
Ils causent tous du sida de sperme au congélo…
Paraît même qu’on se louera… le ventre des travelos

Et j’pense à toi qui habites Chemin de Morgiou
Combien de mois tu resteras loin de chez nous
Pas très sympa ton pote au plan chichon
Du coup c’est toi qui te frappes la zonzon
Mais c’est pas pour ça … Que j’ te saluerai pas

Arrivé c’est l’enfer ça grouille, d’ la fesse partout
Même jusqu’au fond d’la mer sont vingt-cinq sur un mérou
Sur la plag’ les fadas bronzent à coup d’enduits
Leurs pauvres MP3 dégoulinent de produit
À base de carroten et autres cochoncetés Et à la tienne… à ta santé

Le soir je retourne en ville retrouver mes vieux potes
Des mecs super tranquilles, pastis nénettes belote,
Ça devient vite infernal dans l’bar y’a la télé
Vingt heures c’est le journal, c’est là qu’il faut pleurer
Sur chômage sur les vieux, sur l’ patron des patrons
Ici c’est pas mieux… ça finit en baston

Et j’pense à toi qui habites Chemin de Morgiou
Combien de mois tu resteras loin de chez nous
Pas très sympa ton pote au plan chichon
Du coup c’est toi qui te frappes la zonzon
Mais c’est pas pour ça … Que j’ te saluerai pas

Si j’t’écris cette bafouille, c’est pas pour t’faire baver
J’sais bien que tu bouffes des nouilles, tu sais qu’on se mange des pavés
Je sais que tu sais que dehors on s’marre autant qu’on pleure
Les souvenirs, les remords ça te bouffent pas toutes les heures
Sur la Radio Grenouille écoute tes potes qui chantent
Cette p’tite chanson favouille … qui s’ veut marrante…
A trois francs cinquante …
la la la la la…

Paroles & musique Daniel Andersen
Enregistré dans la cabanne au fond du jardin le 30/11/2006

Nous tourbillonerons



Et si de mon cœur j'ensoleillais le monde
De rayons de bonheur de musiques et de rondes,
Invitant mes amis, les gens sans condition,
Tous ceux qui disent oui et celles qui disent non,
Compagnons de fortune, rugbymen des forêts,
Les filles des lagunes et la reine des prés.

Nous tourbillonnerons, éclaboussés de blond
Dans la Spirale Mère de l'instant éphémère.

Et si sous ma langue je laissais doucement
L'arôme du big-bang diffuser l'océan
Et se fondre en essaim d'explosion violoncelle;
Que mes mains sur tes reins quand la vie étincelle,
Sentent danser les fleurs, l'envers de la forêt,
L'abricotier siffleur et la reine des prés.

Nous tourbillonnerons, éclaboussés de blond
Dans la Spirale Mère de l'instant éphémère.

De la rive gauche du subtil cerveau droit
Arrivent les ébauches de vifs cerneaux de noix;
Qui sèment leurs désirs aux sables de la nuit,
Font rêver de plaisir les soleils inuits,
Les gardiens de passages, mécanos des forêts,
Tous les enfants pas sages et la reine des prés.

Nous tourbillonnerons, éclaboussés de blond
Dans la Spirale Mère de l'instant éphémère.

Paroles de Claude Parès.
Musique Daniel B. Andersen & le Blues Anarseillais

Enregistré le 9/03/07 dans la cabane au fond du jardin

dimanche 10 décembre 2006

Rêves d'amour



On se lève un matin, d'un étrange sommeil
Où brillent des soleils insouciants et mutins.
Aux vents du quotidien, nos rêves s'éparpillent,
Le repas de famille ne doit manquer de rien.

Et pour cela je frappe, sur une machine qui s'en tape
De mes délires et de mes rêves d'amour, rêves d'amour du point du jour
Et de longue je bosse, parfois je tombe sur un os
Je désespère alors qu'il y a tant d'amour, tant d'amour tout autour.


Il suffirait de peu, pour retrouver l'enfance,
Effleurer l'innocence, faire de la vie un jeu.
Aux rendez-vous fragiles, à ces moments de choix,
J'oppose mes fins de mois, aux budgets difficiles.

Et pour cela je frappe, sur une machine qui s'en tape
De mes délires et de mes rêves d'amour, rêves d'amour du point du jour
Et de longue je bosse, parfois je tombe sur un os
Je désespère alors qu'il y a tant d'amour, tant d'amour tout autour.


L'élan du cœur dessine, au fil des corps à corps
Comme un étrange accord, le chant du premier signe.
Est-ce là mon destin, d'oublier mes désirs,
Moi qui voulait sourire à tout le genre humain.

Au lieu de ça je frappe, sur une machine qui s'en tape
De mes délires et de mes rêves d'amour, rêves d'amour du point du jour
Et de longue je bosse, parfois je tombe sur un os
Je désespère alors qu'il y a tant d'amour, tant d'amour tout autour.



Paroles de Claude Parès
Musique: Claude Parès/Blues Anarseillais
SACEM. Août 1997.

Enregistré le 2 février 2006, dans la cabane au fond du jardin.

dimanche 3 décembre 2006

J'attends mon train



C’t’un train spécial qu’on attend tous plus ou moins.
Pas b’soin d’ticket.
Juste attendre sur le quai...
Pas b’soin de contrôleur.
Même les p’tites fille peuvent y monter y’a pas d’violeur.
Il va passer.
Un jour ou l’autre, j’suis pas pressé.
Il va passer et ce jour là faudra monter...

J’fais les cent pas au bord du quai, pour passer l’temps je ronge mon frein
A cet endroit mal indiqué, inquiet j’attends qu’arrive mon train
La gare résonne de cris d’amour, certains s’ignorent d’autres s’appellent
Ca pue l’rat mort les draps d’un sourd, c’est crad comme le fond d’une poubelle.

J’attends... mon train
J’attends j’attends... j’attends mon train.


Les yeux dans l’vide je vois les rails, qui partent tout seuls en m’laissant choir
Y’a ceux qui s’tirent y’a ceux qui s’taillent, mais pourquoi j’agite ce mouchoir
L’horloge avance le train retarde, un déserteur grille toutes ses clopes
Y’a plus personne qui le regarde, sauf deux flics en tenue d’cyclope.

J’attends... mon train
J’attends j’attends... j’attends mon train.


Dans les cabines de téléphone, les appareils sont dérangés
Ca fait longtemps qu’y’a plus personne , qui essaye à part les étrangers
Pas loin deux mecs s’font la causette, et comptent fleurette aux types qui passent
Y’a un vieux shnock près des toilettes, Madame Pipi est dans la place.

J’attends... mon train
J’attends j’attends... j’attends mon train.


Les haut-parleurs sont dégoûtés, par leurs annonces cruelles amères
Horaires des trains qu’on a raté, le p’tit Mathis attend sa mère
Les parkings sont dev’nus des squats, supermarchés d’drôles de trafics
Dans un coin sombre y’en a qui mâtent, le tapin qui trim’ pour son fric.

J’attends... mon train
J’attends j’attends... j’attends mon train.


Dans la journée il fait trop chaud, cette nuit il f’ra sûrement très froid
Je tourne en rond dans ce cachot, et ne sais pas vraiment pourquoi
Sans déc’ ça commence à bien faire, faire les cent pas m’donne le tourni
D’l’angoisse des crampes et un ulcère, au fond d’mes pompes j’ai des fourmis.

J’attends... mon train
J’attends j’attends... j’attends mon train


Paroles : Daniel Barraud-Andersen (02-86)
Musique : Jean-Claude Landoni

Enregistré le 27 avril 2006 dans la cabane au fond du jardin.

lundi 9 octobre 2006

No Pasaran



Une chanson écrite aprés avoir lu un livre de Jorge Semprùn...

NO PASARAN

Je me souviens de l'Espagnol qui réparait ses vieilles bagnoles,
Sous les grands arbres de l'école.
Il avait connu la fringale, la guérilla et la cavale,
Le grand voyage à Buchenwald.

Après avoir taillé sa vigne il partait lire dans les signes
Et nous disait faut rester digne;
Puis entonnait en regardant l'incendie rouge du couchant,
La vieille chanson des Partisans.

Hey, no pasaràn, le mauvais sang, l'indifférence.
Hey, no pasaràn, les idées noires, l'intolérance.
No pasaràn!

C'est sous le règne des marchands qu'on privatise les sentiments,
Comme de petits arrangements !
On croit que le bonheur s'achète, au capital des points retraite,
Qu'on amasse pour sauver sa tête !

Tu ne mets pas l'amour en banque qd il vient t'offrir les calanques,
Racontent tous les saltimbanques.
Ceux qui chantonnent en regardant l'incendie rouge du couchant,
Ce sont les nouveaux Partisans.

Hey, no pasaràn...

Quand je nous vois dans le métro, surtout ne nous parlons pas trop,
Des fois qu'les cœurs aient des micros.
Pourtant on crève de s'ignorer, on n'ose pas le verbe aimer
Ni le parfum d'humanité.

Je veux pouvoir prendre ta main, comme on l'faisait sur les chemins,
Au temps des rendez-vous anciens.
Alors chanter en regardant l'incendie rouge du couchant,
Et retrouver les Partisans.

Hey, no pasaràn

Paroles par Claude Parès.
Musique: Claude Parès / Blues Anarseillais. 22 mars 2000

Enregistré le 7 avril 2006 dans la cabane au fond du jardin

jeudi 21 septembre 2006

Kromosome 21



Honneur au trisomique qui chante dans sa tête
Il se balance en musique, son âme est à la fête
Heureux cet autre frère à qui tu lances des regards
Comme tu jetterais des pierres en le croisant sur le trottoir.

Honneur au trisomique qui joue avec son doigt
il conte un peu septique d'ineffables émois.
Heureux cet enfant, ou cette femme cet homme fragile
Alors que tu t'en fous, centré sur ton nombril.

Bien chers amis, beaux-frères, filleule, cousins
Comme dans la vie t'as aussi des voisins
Je te parle d'un mec du genre humain qui vit avec le
Chromosome 21.

Honneur au trisomique qui s'exclut de ton monde
Sourire énigmatique, charmeur par sa faconde.
Heureux cet autre musicien qui sans repos
Danse les pieds nus toujours dans le tempo.

Bien chers amis, beaux-frères, filleule, cousins
Comme dans la vie t'as aussi des voisins
Je te parle d'un mec du genre humain qui vit avec le
Chromosome 21.

Honneur au trisomique qui te regarde dans les yeux
Naîf et fantastique, morose et malheureux.
Heureux le déjanté qui balaye devant la porte
D'une masure enchantée les dernières feuilles mortes

Bien chers amis, beaux-frères, filleule, cousins
Comme dans la vie t'as aussi des voisins
Je te parle d'un mec du genre humain qui vit avec le
Chromosome 21.


Paroles et musique de Daniel Andersen

Enregistré le 14 décembre 2005, dans la cabane au fond du jardin

dimanche 3 septembre 2006

Blues anarseillais

Album : C'est juste du blues anarseillais




Paroles :

Tu cries tu pleures
Aprés avoir tout essayé
Tu cries tu pleures
Aprés avoir tout essayé
T'as mal aux yeux, t'as mal au coeur
C'est juste du blues anarseillais.
Tu lèves la tête, tu regarde tout la haut dans les cieux
Tu lèves la tête, tu regarde tout la haut dans les cieux
T'as fait quatre fois le tour de la planète
Sans jamais rencontrer le Bon Dieu.

Tu tends la main, tu jettes l'éponge, t'attends le docteur
Tu tends la main, vers un ami, vers une petite soeur
Y'a plus personne, y'a plus dégun
Quand t'as fini c'est game over.

Paroles et musique de Daniel Andersen

Le panier


Album : C'est juste du blues anarseillais




Dans les rues du Panier,
Des femmes sortent leurs chaises
Histoire de discuter quand la journée s'achève
Faut pas croire qu'elles s'ennuient, elles surveillent leurs minots
Qui chahutent et qui crient en jouant avec l'eau.

Dans les rues du Panier entre mer et Marseille
Comme une île oubliée que le soleil surveille.

Dans le ciel du Panier, il y a du linge qui flotte
Au mistral en claquant comme des oriflammes.
C'est autant de drapeaux, c'est encore des couleurs
Comme les voiles d'un bateau venu d'un autre ailleurs.

Dans le ciel du Panier entre mer et Marseille,
Comme une île oubliée que le soleil surveille.

Sur les places du Panier, on s'installe pour manger
Une pizza chez Nénette en buvant le rosé.
Alors on parle fort, il y en a même qui chantent,
Il faut croire qu'alors plus rien d'autre ne compte.

Sur les places du Panier entre mer et Marseille
Comme une île oubliée que le soleil surveille.

Les couleurs du Panier, ce sont ses habitants
Criards et bigarrés on y trouve toutes les peaux.
Ca s'engatse et ça rit, mais les gens sont si fiers,
Dans cette île oubliée entre mer et Marseille.

Les couleurs du Panier entre mer et Marseille
Comme une île oubliée que le soleil surveille.
Dans le ciel du Panier entre mer et Marseille,
Comme une île oubliée que le soleil surveille.
Dans les rues du Panier entre mer et Marseille
Comme une île oubliée que le soleil réveille.

Paroles de Claude Parès, musique de Steve Henry Peeters. Décembre 1991.

Bousille pas ma planète

Album : C'est juste du blues anarseillais




Y'a des pages de l'histoire qu'on aura peine à croire
Tellement c'est nul.
A condition que plus tard il y ai des gens pour la voir, notre bulle.
Quand la science avance, je sens ma confiance qui recule.

Bousille pas ma planète,
Déconne pas on me la prête pour quelque temps
Mon petit frère il s'inquiète, il voudrait pas qu'elle pète maintenant
Il dit qu'on la détruit depuis la nuit des temps.

A force de tenir les murs, de frotter ton dos
Sur les tags
Je la voie d'ici ta new-culture finir comme les pots de confiture,
Sans blague;
Au super-marché entre les couches et les Santiag's.

Bousille pas ma planète,
Déconne pas on me la prête pour quelque temps
Mon petit frère il s'inquiète, il voudrait pas qu'elle pète maintenant
Il dit qu'on la détruit depuis la nuit des temps.

Ne sois pas trop critique quand t'endends de la musique moderne
C'est un art dichotomique qui renie le générique du terme
La dernière danse à la page fait redondance à l'age des cavernes.

Bousille pas ma planète,
Déconne pas on me la prête pour quelque temps
Mon petit frère il s'inquiète, il voudrait pas qu'elle pète maintenant
Il dit qu'on la détruit depuis la nuit des temps.

Paroles et musique de Daniel Andersen.

Ca joue du blues


Album : C'est juste du blues anarseillais




C'est six heures,faut que je me lève.
Je sors de mon lit, je sors de mon rève.
Faut que j'me magne d'chopper l'métro
C'est tous les jours comme ça pou aller au boulot
Je passe le temps, je vaque et je traine
Je vois des gens, il faut que je tienne
Jusqu'au soir, quand j'quitte ma blouse dans ce bar
Où ça joue du blues!

Depuis le temps que je colle à cette meuf,
Ca fait un bail, c'est vraiment plus tout neuf;
Le quotidien comm'd'hab c'est les nouilles,
Y'a des matins ça commence à l'embrouille.
Pour pas être seuls, j'y ai fait des enfants
Elle tir'la gueule encore de temps en temps
Mais le soir elle quitte sa blouse dans ce bar
Où ça joue du blues!

Tout doucement on tourne les pages
On arrive finalement sur un autre paysage
Ca m'fais bizarre de voir encore là
Les guitares et les harmonicas
Les p'tits sont grands, ils font le tour du monde
Poussés par le vent et comme la terre est ronde
Ils passent le soir et quittent leurs blouses dans ce bar
Où ça joue du blues!

Paroles et musique de Daniel Andersen.